Lancé le 09/06/2026 Rejoignez-nous

11 juillet 2026 · Le décryptage #Les144

Mesure 48 : une politique familiale relancée, des allocations dès le premier enfant

La mesure 48 du programme Les 144 part d'un chiffre : la fécondité française est tombée à 1,56 enfant par femme, son plus bas niveau depuis 1918. Elle propose un noyau ferme — allocations familiales dès le premier enfant et prime à la naissance doublée à 2 200 € — puis une montée en charge conditionnée aux audits et aux recettes constatées. Coût ferme affiché : 3,4 à 4 Md€ par an ; cible à terme : 8 à 10 Md€ par an.

Le problème, d'abord

La fiche s'ouvre sur un constat démographique documenté par l'INSEE dans son bilan 2025. L'indicateur conjoncturel de fécondité est descendu à 1,56 enfant par femme, le niveau le plus bas depuis 1918. Le nombre de naissances s'est établi à 645 000 en 2025, soit une baisse de 24 % par rapport à 2010. Surtout, pour la première fois depuis 1945, le solde naturel — différence entre naissances et décès — est devenu négatif, à hauteur de -6 000.

À ce recul des naissances, la mesure ajoute une tension sur l'accueil du jeune enfant. En 2025, 506 places de crèche ont été créées, mais 2 600 ont été détruites, soit une hausse des destructions de 225 %. Quelque 15 000 places existantes restent inaccessibles faute de personnel. La fiche relève 14 % de postes d'éducateurs de jeunes enfants vacants et 10,7 % d'auxiliaires de puériculture vacants, et signale que 12 départements affichent un taux de couverture en crèches inférieur à 50 %.

Ce que propose la mesure

La mesure distingue explicitement deux niveaux d'engagement.

Le premier est un noyau dur, présenté comme ferme dès le mandat. Il comporte deux dispositifs : le versement des allocations familiales dès le premier enfant — contre le deuxième aujourd'hui —, pour un coût d'environ 3 Md€ par an ; et le doublement de la prime à la naissance, portée de 1 093 € à 2 200 €, pour environ 0,4 Md€ par an.

Le second niveau est un volet conditionné, dont la fiche précise qu'il n'est déclenché que par l'audit du Collège et par les recettes effectivement constatées, conformément à la hiérarchie du pilier Égalité. Il réunit quatre mesures : une revalorisation de la base mensuelle des allocations familiales (BMAF) de 10 % au-dessus de l'inflation chaque année du quinquennat ; la suppression du plafonnement strict du quotient familial, avec un retour au niveau antérieur à 2013 ; le rétablissement d'une allocation « 3 enfants et plus » sous forme d'une prime de 500 € par mois à partir du troisième enfant et jusqu'à ses 18 ans ; et un congé parental amélioré, porté à un an pour le second parent à 70 % du salaire net, assorti d'une sécurisation du retour à l'emploi et d'un bonus retraite.

Combien ça coûte

La fiche affiche un coût ferme de 3,4 à 4 Md€ par an dès le premier mandat, correspondant aux deux dispositifs du noyau dur. Elle fixe une cible à terme de 8 à 10 Md€ par an, une fois le volet conditionné pleinement déployé. La note budgétaire précise que cette cible inclut les allocations dès le premier enfant, chiffrées à environ 3 Md€ par an.

La fiche classe ce chiffrage comme « Chiffré » et le rend public, tout en insistant sur le caractère progressif de la montée en charge : seul le noyau dur est engagé de façon ferme, le reste étant subordonné aux résultats des audits et aux recettes constatées. Autrement dit, l'écart entre le coût ferme (3,4-4 Md€) et la cible (8-10 Md€) mesure précisément la part conditionnelle du dispositif, qui ne se déclenche pas automatiquement.

Où vérifier

Le constat démographique s'appuie sur le bilan démographique 2025 de l'INSEE, source citée par la fiche (https://www.insee.fr). Le détail de la mesure 48 figure sur le site du programme : https://les144.fr/mesure/48-politique-familiale-ambitieuse-redonner-envie-d-enfants/.

Vérifiez, contestez, partagez

Chaque chiffre de cet article provient des sources citées. Une erreur ? Une objection ? Le débat est public sous #Les144.

Vérifiez tout.