Lancé le 09/06/2026 Rejoignez-nous

Qui paie ?

La question décisive. Voici le tableau de financement consolidé de l'édition du 12 juin 2026 : les recettes levier par levier, les dépenses bloc par bloc, et la règle qui ordonne tout — la hiérarchie de déclenchement. Fourchettes volontairement prudentes.

Mise à jour du 16 septembre 2026. Cette page publie désormais, en plus des recettes, les économies structurelles gisement par gisement avec la source institutionnelle de chaque montant, et distingue ce qui est engagé dès 2027 de ce qui est conditionné au retour du déficit sous 3 %. La trajectoire financière est publiée année par année : coûts, recettes poste par poste, redéploiements, et un solde publié, daté, décroissant — avec les scénarios défavorables. Lire la trajectoire complète.
+120–188
Md€*/an de ressources identifiées en régime de croisière : 48 à 88 de recettes nouvelles, 72 à 100 d'économies structurelles chiffrées par les institutions
0 €
d'impôt nouveau pour les ménages — la charge porte sur les grands groupes, les niches et la fraude
2037
déficit ramené sous 3 % du PIB*, par jalons datés protégés par la règle d'or constitutionnelle

Les recettes, levier par levier

LevierMesureMd€/an
Refonte IR + suppression massive des niches (465 recensées, ~90 Md€/an)M9+10 à 15
CSMB* (excédent brut d'exploitation des grands groupes)M7+10 à 15
Audit général de l'État + DAPE* (missions, interventions, subventions)M78-79+15 à 25
Aides extérieures non statutaires + discipline du pouvoirM129 + M80+2,2 à 5,5
Lutte contre la fraude et les abus (arrêts de complaisance, indus)M44, M113+2 à 4
Refondation de l'audiovisuel publicM136+0,5 à 1
Prévention santé (à 10 ans)M45+2 à 5
Subventions collectivités sur projetM81+1 à 2
Statut ServiteurM2-M4+0,16 à 0,3
Crédibilité de la signature (prime de risque, à terme)M77+5 à 15
Total identifié+48 à 88

Les économies structurelles, gisement par gisement

Les recettes ci-dessus ne suffisent pas, et nous ne le cachons pas. L'essentiel du redressement vient d'économies de dépense, gisement par gisement. Nous ne retenons ici que des montants chiffrés par une institution publique — Cour des comptes, CNAM, Sénat, IGF, HCSP, DGFiP* — et nous excluons tout ce qui ferait double emploi avec le tableau précédent.

Étage 1 — déjà chiffré par les institutions

GisementQui l'a chiffréMd€/an
Assurance maladie : médicaments et biosimilaires, pertinence des actes, indemnités journalières, transports, imagerieCour des comptes (avril 2025) ; CNAM, Charges et produits 2027+19,4 à 22,5
Effectifs publics : −250 000 postes en cinq ans par non-remplacement ciblé, avec redéploiement vers les services en manqueCour des comptes (octobre 2024) ; Sénat, PLF* 2026+8 à 10
Collectivités hors effectifs : achats massifiés, aide sociale départementale, transports régionauxHCSP (avril 2026) ; Cour des comptes+3,9 à 8,8
Temps de travail et absentéisme : 1 607 heures effectives, jours de carenceCour des comptes ; IGAS-IGF-IGA (septembre 2024)+2,5 à 3,3
Prime d'activité et aides au logement : recentrageIGF-IGEDD (novembre 2025) ; Cour des comptes (juin 2026)+1,4 à 3,7
TVA* : facturation électronique obligatoire (écart de TVA constaté : 12,1 Md€)DGFiP ; Commission européenne+2 à 3
Immigration, à droit constitutionnel constant : AME recentrée sur les soins urgents et essentiels, conditions de ressources et d'assurance à l'entrée, délai de résidence de deux ans pour les prestations non contributivesSénat, PLF 2026 ; Cour des comptes (janvier 2024)+1 à 1,5
Sous-total étage 1+38,2 à 52,8

Étage 2 — les grands choix politiques

GisementMd€/an
Effectifs, second cran : −500 000 à dix ans, gel du point d'indice deux ans+4,4 à 6
TVA à taux réduit (restauration, travaux), crédit d'impôt emploi à domicile plafonné, extinction du Pinel+5 à 8
Prime d'activité au seuil de 1,25 SMIC*, aides au logement scénario haut, dégressivité de l'assurance chômage+3,5 à 5,5
Immigration, second cran — sous réserve de la révision constitutionnelle soumise au référendum de 2028+1,5 à 2
Sous-total étage 2+14,4 à 21,5

Étage 3 — les compléments

GisementMd€/an
Pensions supérieures à 2 000 € bruts par mois : sous-indexation de deux points. Les petites pensions restent pleinement indexées et le minimum vieillesse est porté au seuil de pauvreté.+3 à 4
Dépenses de fonctionnement de l'État et des opérateurs : −5 % en volume sur cinq ans+3 à 5
Effectifs : rythme porté à −350 000 sur le mandat+3 à 4
Assurance maladie, second cran : dépassements d'honoraires, articulation avec les complémentaires+2 à 3
Contrat État-collectivités : DGF gelée en valeur, plafond d'emplois sur toute fusion+2 à 3
Rabot de 10 % sur les dépenses fiscales non encore visées+6 à 7
Sous-total étage 3+19 à 26
Recettes nouvelles (tableau ci-dessus)+48 à 88
Économies structurelles (étages 1 + 2 + 3)+71,6 à 100,3
TOTAL DES RESSOURCES+119,6 à 188,3

Les dépenses nouvelles, bloc par bloc

Régime de croisière, engagements fermes et conditionnés confondus :

BlocMesuresMd€/an
Justice et sécurité (20 Md€ justice, prisons, PJ)M12-1611 à 13
Défense (jalon 2030 de la trajectoire La Haye)M51-5514 à 19
SantéM38-457 à 11
Handicap et aidantsM56-6013 à 16
Famille et petite enfance (dont noyau ferme M48)M46-509 à 11
LogementM93-9922 à 28
Outre-merM100-1068 à 11,5
VieillissementM107-11111,5 à 16,5
PauvretéM112-1154,4 à 6,6
Économie productive (TPE*, artisanat, territoires, agriculture)M6, M73-76, M85-86, M3514 à 21
Numérique, recherche, culture, climatM61-68, M121-125, M136-1449 à 13
Dont engagé dès 2027 — régalien, socle social, natalité : défense, justice et prisons, hôpital et soignants, crèches et allocations dès le premier enfant, minimum vieillesse au seuil de pauvreté, AESH*, lutte contre la pauvreté des enfants52,5 à 61,6
Dont conditionné au retour du déficit sous 3 % — inscrit, daté, déclenché l'année où le seuil est franchile solde

C'est la différence décisive, et c'est elle qui explique la trajectoire : seul le premier bloc pèse sur les comptes du début de mandat. Comparer le total des dépenses à terme aux ressources d'une seule année n'a pas de sens — la règle ci-dessous dit dans quel ordre tout se déclenche.

La clef de voûte : la hiérarchie de déclenchement

Le total des dépenses à terme excède volontairement les recettes de croisière : tout ne démarre pas en même temps. La règle, gravée dans la méthode de gouvernement :

  • Mandat 1 — engagements fermes (gagés dès l'année 1) : justice, sécurité, immigration, TPE/artisanat (gagé CSMB), noyau famille, AAH*, zéro enfant à la rue, défense (trajectoire OTAN*), souveraineté numérique.
  • Déclenchement conditionné : chaque extension (famille complète, dépendance, hôpital au-delà du plan initial, logement au-delà du noyau) se déclenche lorsque les audits (DAPE, M79, M84) libèrent les économies correspondantes et que les recettes sont constatées — le calendrier est publié et suivi publiquement.
  • Trajectoire constitutionnelle : déficit sous 3 % en 2037 — clause de souplesse ±3 ans.

Pas un euro d'impôt nouveau pour les ménages. Les recettes nouvelles pèsent sur les grands groupes à fortes marges (CSMB), les niches captées par l'optimisation, la fraude, et la dépense publique inutile.

La trajectoire, année par année

AnnéeDéficit (% PIB)Étape
2025 (point de départ)5,1 %Héritage — déficit définitif INSEE*
20275,2 %Année 1 — recettes amorcées
20304,5 %DAPE en croisière
20343,5 %Recettes consolidées
20373,0 %Maastricht atteint — terme de la trajectoire publiée

Trajectoire prudente, datée jusqu'en 2037, protégée par la règle d'or constitutionnelle (M77), avec clause de souplesse ±3 ans activable par majorité qualifiée en cas de choc majeur. Point de départ : déficit 2025 définitif de 5,1 % du PIB (INSEE, comptes définitifs de mars 2026).

Ce que la trajectoire compte, et ce qu'elle ne compte pas. Elle retient un supplément de croissance de 0,2 point par an à partir de 2029 — pas avant : c'est le délai constaté des réformes de structure. L'OCDE* créditait le paquet français de 2014 de +0,3 point par an sur cinq ans, et l'étude d'impact de la réforme des retraites de 2023 retient +0,7 point de PIB en 2027. Elle retient aussi une baisse de 30 points de base de l'écart de taux avec l'Allemagne sur les émissions nouvelles à partir de 2028 — contre 87 points aujourd'hui et 56 en janvier 2026 ; l'effet est lent, car la dette se refinance par douzièmes : environ 1 milliard la première année, 10 à 11 milliards en 2037. Elle ne compte aucun autre retour de croissance, et aucune recette non documentée.
Pourquoi l'année 1 ne baisse pas. Le déficit 2027 (5,2 %) est légèrement supérieur au point de départ 2025 (5,1 %). Ce n'est pas un défaut de la trajectoire, c'est la charge de la dette : sur le seul PLF 2026, un effort de 23 Md€ est neutralisé par +9 Md€ d'intérêts supplémentaires, et la charge passe de 74 Md€ en 2026 à plus de 100 Md€ en 2029. Les recettes du programme montent en régime moins vite que les intérêts n'augmentent. La courbe s'inverse à partir de 2030, quand l'audit permanent est en régime de croisière. Nous préférons publier ce creux plutôt que de le maquiller.
Honnêteté sur les chiffres. Le total des dépenses à terme excède volontairement les recettes de croisière : tout ne démarre pas en même temps. Les extensions se déclenchent quand les audits libèrent les économies correspondantes et que les recettes sont constatées — calendrier publié et suivi publiquement.

Les sources documentaires

Toutes les données de cette édition ont été vérifiées au 12 juin 2026 :

Finances publiques : INSEE, comptes nationaux 2025 (déficit 5,1 %, dette 115,7 % du PIB) · Cour des comptes, « La situation des finances publiques début 2026 » (19 février 2026) · Agence France Trésor, programme de financement 2026 · PLF 2026, annexe Voies et moyens (465 dépenses fiscales, 88,3 Md€) · Sécurité sociale, comptes 2025 (déficit 21,6 Md€) et LFSS* 2026.

Justice et sécurité : CEPEJ*, rapport 2024 (données 2022) · Ministère de la Justice, statistiques pénitentiaires (1ᵉʳ février 2026) et Références statistiques Justice 2025 · Cour des comptes, audit flash « Le plan 15 000 places de prison » (décembre 2025) · CEDH*, J.M.B. et autres c. France (2020).

Immigration : DGEF*/ministère de l'Intérieur, « La lutte contre l'immigration irrégulière » et « Les titres de séjour » (bilans 2025) · Eurostat, retours et décisions d'éloignement 2025 · Mission nationale MNA, rapport 2024 · Sénat, PPL rétention (CMP du 4 juin 2026).

Économie et social : INSEE, « Niveau de vie et pauvreté en 2023 » (juillet 2025) et bilan démographique 2025 (janvier 2026) · Urssaf, travailleurs indépendants 2024 · Procos, vacance commerciale 2025 · Sénat, commission d'enquête sur les agences de l'État (3 juillet 2025) · DGFiP, IFI* 2025 · Cour des comptes, « Les droits de succession » (2024) · DREES* (EHPAD*, projections 2050) · UNICEF/Fédération des acteurs de la solidarité, baromètre enfants à la rue (2025).

Défense et souveraineté : Déclaration du sommet de l'OTAN, La Haye (25 juin 2025) · PLF 2026 mission Défense (Sénat) · Règlement UE* SAFE (mai 2025) · Atos/État, cession de Bull (mars 2026) · EuroHPC*/CEA, supercalculateur Alice Recoque · Plan Quantique national et PROQCIMA.

Santé, éducation, territoires : Assurance Maladie/DREES (médecins traitants, démographie médicale) · France Travail, enquête BMO 2025 · SDES, construction de logements 2025 · Lois Mayotte (février et août 2025) · Accords de Bougival (12 juillet 2025) et Élysée-Oudinot (19 janvier 2026) · DGEF, ministère des Outre-mer (bouclier qualité-prix).

Les mots à connaître*

Les sigles marqués d'un astérisque sur cette page, expliqués simplement.

AAH
Allocation aux adultes handicapés.
AESH
Accompagnant d'élève en situation de handicap : l'adulte qui aide un enfant handicapé en classe.
CEDH
Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg : elle peut condamner la France quand une loi ou une décision viole les droits fondamentaux.
CEPEJ
Commission européenne pour l'efficacité de la justice : l'organisme qui compare les moyens de la justice d'un pays à l'autre.
CSMB
Contribution sociale sur les marges brutes : la contribution, créée par la mesure 7, demandée aux grands groupes à fortes marges pour financer la baisse des charges des petites entreprises.
DAPE
Direction d'Audit Permanent de l'État : le service d'auditeurs, créé par la mesure 78, qui contrôle en continu chaque organisme public.
DGEF
Direction générale des étrangers en France, au ministère de l'Intérieur : elle publie les chiffres de l'immigration.
DGFiP
Direction générale des finances publiques : l'administration des impôts.
DREES
Service statistique des ministères de la santé et des affaires sociales.
EHPAD
Maison de retraite médicalisée pour personnes âgées dépendantes.
EuroHPC
Le programme européen de supercalculateurs.
IFI
Impôt sur la fortune immobilière, qui a remplacé l'ISF en 2018.
INSEE
Institut national de la statistique : l'organisme public qui compte la population, mesure les prix, le chômage, la pauvreté.
LFSS
Loi de financement de la Sécurité sociale : le budget annuel de la Sécu, voté par le Parlement.
Md€
Milliard d'euros — mille millions d'euros.
OCDE
Organisation de coopération et de développement économiques : le club des pays développés, qui publie des comparaisons entre eux.
OTAN
Alliance militaire entre les États-Unis, le Canada et la plupart des pays d'Europe.
PIB
Produit intérieur brut : toute la richesse produite en France en un an. On l'utilise comme étalon — « 1 % du PIB », c'est environ 30 milliards d'euros.
PLF
Projet de loi de finances : le budget de l'État, présenté chaque automne au Parlement.
SMIC
Salaire minimum légal.
TPE
Très petite entreprise : moins de 10 salariés.
TVA
Taxe sur la valeur ajoutée : l'impôt payé sur chaque achat.
UE
Union européenne, les 27 pays membres.