7 octobre 2026 · Le décryptage #Les144
Mesure 63 : le plan quantique doublé, 3,5 milliards sur cinq ans
La France dispose d'atouts réels dans le quantique, mais la protection des données face aux futurs ordinateurs quantiques ne repose encore que sur une recommandation. La mesure 63 fait passer le plan quantique de 1,8 à 3,5 milliards d'euros sur cinq ans et rend obligatoire une cryptographie résistante d'ici 2030. La fiche la chiffre à 0,34 milliard d'euros par an.
Le problème, d'abord
Selon la fiche, le plan quantique lancé en 2021 représentait 1,8 milliard d'euros d'engagements publics et privés, dont 1 milliard mobilisé par l'État. En mai 2026, le gouvernement a annoncé 1 milliard d'euros supplémentaire pour 2026-2030, ce qui porte l'enveloppe publique à 1,7 milliard et l'engagement public-privé à plus de 3 milliards (info.gouv.fr et Direction générale des Entreprises, 2026).
Les atouts sont réels : plus de 90 laboratoires, 48 brevets déposés et plus de 600 publications scientifiques depuis 2021, et une dizaine de start-up reconnues mondialement (Direction générale des Entreprises, 2026). Pasqal est devenue la première licorne quantique mondiale en mars 2026, et la course mondiale est ouverte.
Reste la question de la protection des données. L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI*) prévient que la transition vers une cryptographie résistante aux ordinateurs quantiques durera plus d'une dizaine d'années, et qu'il ne sera « pas raisonnable » d'acheter des produits qui ne l'intègrent pas après 2030 (ANSSI, 2025). La fiche note cependant qu'il ne s'agit que d'une recommandation : aucune obligation ne s'impose encore aux administrations ni aux entreprises critiques.
Ce que propose la mesure
La fiche prévoit les dispositions suivantes :
- Un doublement du plan quantique, de 1,8 à 3,5 milliards d'euros sur cinq ans.
- Un soutien renforcé aux champions français : Pasqal, Quandela, Alice & ; Bob et Quobly.
- Un objectif de 1 000 qubits logiques souverains d'ici 2030, par l'accélération du programme PROQCIMA.
- Un centre national de calcul quantique à Saclay, conçu comme pôle de référence européen.
- Un déploiement national obligatoire de la cryptographie post-quantique pour les administrations et les entreprises critiques d'ici 2030.
- Une hybridation systématique du quantique et du calcul classique, avec les supercalculateurs Bull.
- Un couplage entre intelligence artificielle et quantique, avec un programme associant Mistral et Pasqal pour des modèles de langage accélérés par le quantique.
La fiche ne détaille pas la répartition de l'enveloppe entre ces dispositions, ni le calendrier annuel des dépenses.
Combien ça coûte
La ligne budgétaire de la fiche porte le statut « Chiffré » et indique 0,34 milliard d'euros par an, avec pour note « +1,7 Md€* sur 5 ans ». Les chiffres sont cohérents : 0,34 milliard d'euros par an pendant cinq ans représentent 1,7 milliard d'euros, soit l'écart entre l'enveloppe actuelle de 1,8 milliard et l'objectif de 3,5 milliards.
La fiche ne renseigne aucune recette en contrepartie.
Où vérifier
Le détail de la mesure figure sur sa fiche : https://les144.fr/mesure/63-plan-quantique-national-accelere/. L'ensemble des mesures est sur https://les144.fr/mesures/, et le financement global du programme sur https://les144.fr/qui-paie/.
Sources citées par la fiche : info.gouv.fr (2026), Direction générale des Entreprises (2026), ANSSI (2025).
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