9 octobre 2026 · Le décryptage #Les144
Mesure 65 : des officiers cyber dans les start-up stratégiques
L'État finance des start-up stratégiques du numérique sans accompagnement opérationnel ni contrôle des coûts. La mesure 65 applique à ce secteur le modèle de la mesure 55 : des officiers cyber détachés dans chaque entreprise financée, et des garde-fous contre la surfacturation et la fraude. La fiche classe son chiffrage comme à calibrer.
Le problème, d'abord
Selon la fiche, l'État finance des start-up stratégiques du numérique, mais sans accompagnement opérationnel : pas de retour des utilisateurs publics, pas de test en conditions réelles, pas de contrôle des coûts.
Elle cite le plan France 2030, doté de 54 milliards d'euros. Au 30 juin 2025, 40 milliards d'euros d'aides avaient été attribués à 5 500 bénéficiaires, dont environ 9 milliards programmés pour le capital-innovation de rupture et les start-up industrielles (Sénat, 2025). Toujours selon le Sénat, les informations transmises au Parlement ne permettent pas un suivi détaillé du décaissement de ces aides, et les résultats des indicateurs de performance du plan ne sont pas publiés.
La fiche en tire le constat suivant : rien ne protège aujourd'hui l'argent public contre la surfacturation, ni contre les dirigeants qui fraudent.
Ce que propose la mesure
La mesure reprend le modèle de la mesure 55 et l'applique au numérique. La fiche prévoit la création du PSNN*, un pôle d'officiers cyber détachés intégrés aux entreprises stratégiques financées, avec les dispositions suivantes :
- 300 à 400 officiers cyber et ingénieurs détachés, issus d'un mélange d'ANSSI*, de ComCyber, de DGA et d'experts civils.
- Un officier-référent intégré dans chaque start-up numérique stratégique financée à plus de 500 000 euros.
- Un accompagnement opérationnel : retours des utilisateurs publics, marché public accéléré, test en conditions réelles.
- Un contrôle des coûts : audits anti-surfacturation et comparaisons avec les références internationales.
- Des mesures anti-fraude : plafond de marge de 12 %, clause de récupération sur la plus-value, liste noire de dix ans pour les dirigeants fraudeurs, transparence sur data.gouv.fr.
- Un rattachement au ministère du Numérique et à l'ANSSI, sous la supervision du Collège (domaine souveraineté numérique).
La fiche ne détaille ni le calendrier de recrutement des officiers, ni les modalités de leur détachement.
Combien ça coûte
Le résumé de la fiche évoque un coût de 60 à 100 millions d'euros par an. Mais la ligne budgétaire de la fiche porte le statut « Non chiffré — à calibrer (audit Collège) » : aucun coût bas, coût haut ni recette n'y est renseigné, et la note précise « Modèle DIOD* : à chiffrer (ordre de grandeur M55) ».
Autrement dit, la fiche classe ce chiffrage comme à calibrer. Le montant du résumé est un ordre de grandeur, pas un chiffrage consolidé, et aucune recette en contrepartie n'est indiquée.
Où vérifier
Le détail de la mesure figure sur sa fiche : https://les144.fr/mesure/65-pole-securite-numerique-nationale-psnn/. L'ensemble des mesures est sur https://les144.fr/mesures/, et le financement global du programme sur https://les144.fr/qui-paie/.
Source citée par la fiche : Sénat, rapport général sur le PLF 2026, mission Investir pour la France de 2030 (2025).
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