20 octobre 2026 · Le décryptage #Les144
"Mesure 76 : protéger les métiers d'art, ne pas laisser s'éteindre un savoir-faire"
La mesure 76 double le label Entreprise du patrimoine vivant, multiplie par dix le nombre de Maîtres d'art avec une rente de transmission, et crée un conservatoire national des savoir-faire en péril. Les chantiers du patrimoine deviennent des écoles vivantes, sur le modèle de Notre-Dame. La fiche classe son chiffrage comme chiffré, à 50 à 100 millions d'euros par an.
Le problème, d'abord
Selon la fiche, la France est la patrie mondiale des métiers d'art, mais nombre d'entre eux disparaissent : ferronnerie d'art, taille de pierre, vitrail, ébénisterie, dorure. Un savoir-faire peut s'éteindre avec un seul homme.
Le contexte donné par la fiche : la France compte environ 1,8 million d'entreprises artisanales, première entreprise de France, et 300 000 d'entre elles chercheront un repreneur d'ici dix ans. Les métiers de la main sont, selon elle, les moins automatisables : ce sont des métiers d'avenir.
Ce que propose la mesure
Selon la fiche, la mesure comporte six volets.
- Le label Entreprise du patrimoine vivant (EPV), créé en 2005 et porté à environ 1 500 entreprises labellisées, voit son objectif doublé, avec des avantages fiscaux renforcés et une vitrine à l'export.
- Les titres de Maître d'art, décernés par le ministère de la Culture depuis 1994 (environ 130 maîtres), sont multipliés par dix, avec une rente de transmission pour le maître qui forme un élève sur plusieurs années.
- Un conservatoire national des savoir-faire en péril recense et soutient de façon ciblée les métiers d'art rares menacés de disparition.
- Le compagnonnage (Compagnons du Devoir, Fédération compagnonnique) reçoit des moyens, une reconnaissance et une internationalisation du Tour de France.
- Les grands chantiers de restauration deviennent des écoles vivantes : le modèle Notre-Dame est généralisé, et les chantiers du patrimoine (cathédrales, monuments) servent d'écoles de transmission grandeur nature.
- L'export du savoir-faire français est encouragé : luxe, restauration patrimoniale à l'étranger, l'excellence artisanale comme atout de rayonnement et de balance commerciale.
Dans la fiche, la mesure s'articule avec les charges patronales des TPE* (mesure 6), l'impôt sur le revenu à zéro sous le revenu médian (mesure 9), la simplification normative (mesure 33) et le service citoyen rénové (mesure 54), qui sert à faire découvrir les métiers manuels aux jeunes. Le cadre de pilotage est le Collège, sur les domaines Culture, langue et patrimoine, et Travail.
Combien ça coûte
La fiche donne un coût de 50 à 100 millions d'euros par an, avec le statut « Chiffré ». Aucune recette propre à la mesure n'est renseignée. La fiche situe ce coût dans le bloc Artisanat (mesures 73 à 76), dont le total est d'environ 1,75 à 2,5 milliards d'euros par an.
Source citée par la fiche : Institut National des Métiers d'Art (INMA), ministère de la Culture — Maîtres d'art.
Où vérifier
Le détail de la mesure figure sur sa fiche : https://les144.fr/mesure/76-metiers-d-art-compagnonnage-patrimoine-vivant/. L'ensemble des mesures est sur https://les144.fr/mesures/, et le financement global du programme sur https://les144.fr/qui-paie/.
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